Artistes du dessin

Le dessin a longtemps été considéré comme une étude, une esquisse, un travail inachevé. Mais au fil de son histoire le dessin est progressivement reconnu comme un Art à part entière, une œuvre d’art en soi. Voici une courte liste d’artistes (et bien sûr il y en a pleins d’autres) qui ont excellé dans l’art de dessiner.

 

Léonard De Vinci (1452 – 1519)

Léonard De Vinci entre en 1467 ou 1469, a peine âgé de 15 ans dans l’atelier de Verocchio. C’est à partir de 1482 que Léonard De Vinci commence à prendre l’habitude de remplir des carnets de notes et de dessins. De nos jours Léonard De Vinci incarne la pensée humaniste de la Renaissance car il s’intéresse à des domaines divers et variés. Ainsi dans ses carnets on retrouve des notes et dessins sur l’anatomie, l’hydraulique, la botanique, des inventions, de l’architecture, de la topographie, de la sculpture, de la peinture… Le premier dessin connu de l’artiste est un paysage. Sur ces dessins on peut observer des traces faites à la plume sans encre sur le papier. Cela prouve qu’il réalisait des dessins « préliminaires » avant d’utiliser un medium plus définitif comme l’encre.

 

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Figure assise, détrempe grise et rehauts de blanc, v.1470-1480, 26,5 x 25,3cm, Musée du Louvre.                                                                Âgée de 15 ans, Léonard de Vinci maîtrisait déjà parfaitement l’art du dessin et de la copie.

 

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Portrait of a man in red Chalk, 1512, red chalk in paper, 33 x 22 cm, Biblioteca Reale (Turin).                                 Ce dessin est reconnu comme étant l’autoportrait de l’artiste vers l’âge de 60 ans.

 

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Vitruvian Man, 1490, pen and ink with wash over metalpoint on paper, 34.6 x 22.5 cm, Gallerie dell’Accademia (Venice)

 

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A study for a winged figure, an allegory with Fortune (1895.0915.482)

 

 

Henri Toulouse-Lautrec (1864-1901)

Atteint d’une maladie génétique Lautrec n’atteindra pas la taille des autres adultes. Dès son enfance il dessine et peint. Son trait tend déjà vers la caricature et il n’hésite pas à faire sa propre caricatur. En 1882, Il va à Paris dans le but d’entrer aux Beaux-Arts, il entre dans l’atelier de Léon Bonnat puis dans celui de Cormon. Mais il découvre la fondation des Indépendants et la dernière exposition des impressionnistes qui l’attire davantage. A Paris, Il dépeint la vie à Montmartre où il fréquente assidûment le Moulin Rouge, le Mirliton et autres café-concerts. Il s’inspire de la lumière crue qui projette de grandes ombres et accentue les traits des visages. Lautrec réalise des affiches pour les cabarets parisiens et cafés-concerts. Avec ses compositions graphiques innovantes Lautrec fut l’un des premiers à élever l’affiche au rang d’Art. Les mediums qu’il utilise principalement sont l’encre, le pastel, le crayon et le fusain. Le cirque, le théâtre, les cabarets et les femmes (notamment les prostituées) sont des thèmes récurrents dans son art. À la fin de sa vie il réalise la série de dessins Le Cirque aux crayons de couleurs.

 

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Moulin Rouge : La Goulue, 1891, lithograph, 170 x 118.7 cm

 

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Portrait of Vincent Van Gogh, 1888, pastel on cardboard, 54 x 45 cm, Rijksmuseum Vincent van Gogh (Amsterdam)

 

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Ballet de Papa chrysantheme, 1892, pastel, Musée Toulouse-Lautrec

 

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At the Circus : The Spanish Walk, 1899, Graphite, black and colored pastel, and charcoal on off-white heavy wove paper, 35 x 25 cm

 

 

Egon Schiele (1890-1918)

En 1906, à l’âge de seize ans E.Schiele entre à l’Académie des Beaux-Arts de Vienne maisnil trouve l’enseignement trop académique. En 1907, il fait la connaissance de Gustav Klimt. Klimt reconnaît immédiatement son potentiel et l’encourage dans sa voie.
C’est à partir de 1910 que l’artiste délaisse le style Art nouveau pour commencer à développer une ligne expressive au contour nerveux et anguleux. Son séjour en prison même s’il fut très bref le marque profondément. Entre 1914 et 1917, ses modèles féminins sont cernées de contours sombres mais elles portent des vêtements aux couleurs vives. Les femmes qu’il représente présente davantage de corporalité, les personnages ne sont plus uniquement des lignes.
Une grande partie de son œuvre est consacrée au travail sur papier (gouache, aquarelles, dessins). Il dessinait très rapidement et utilisait très peu voir jamais la gomme. Il a noté sur certains de ses dessins le temps qu’il a pris pour les réaliser.

 

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Female nude, 1910, indian ink, watercolor, 44.3 x 30.6 cm
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Double self portrait, 1915, watercolor and crayon, Private collection

 

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Seated Woman with Bent Knee, 1917, crayon gouache and watercolor paper, National Gallery in Prague

 

Schiele Portrait of Actress Marga Boerner with Compact 1917 gouache black crayon 48.2x30.5cm Private collection
Portrait of Actress Marga Boerner with Compact, 1917, gouache and black crayon, 48.2 x30.5 cm, Private collection

 

 

Mucha (1860-1939)

En 1881, le comte Khuen-Bellassi commande des fresques à Alphons Mucha pour sa maison puis il finance les études de Mucha à l’Académie des Beaux-Arts de Munich puis à l’Académie Julia et à l’Académie Colarossi. Plus tard, il passe un contrat avec l’imprimerie Champenois et réalise de nombreuses commandes pour des produits de consommation comme les biscuits Lefèvre-Utile ou le papier à cigarettes Job. En 1894, l’imprimeur Lemercier confie à l’artiste la réalisation d’une affiche pour une pièce de théâtre nommé Gismonda. Sarah Bernhardt en est la vedette. Cette affiche est un succès et Mucha est dès lors reconnu pour son travail. Pour réaliser ses affiches il travaille d’après des photographies qu’il a faites de ses modèles.

Ses influences sont multiples. Il puise son inspiration dans le folklore byzantin, celte, japonais, rococo, gothique, judaïque, tchèque… En plus des ses affiches il dessine des décors de théâtre, des costumes. C’est aussi un fervent dessinateur de bijoux. Il adresse des recueils de dessin aux futurs dessinateur comme Documents décoratifs (1902) qui est une suite de planche rassemblant l’ensemble de ses créations et Figures décoratives (1905). Mucha a la conviction que l’art véhicule un message.

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Gismonda, 1894, lithograph, 216 x 74.2 cm, Private Collection

 

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The seasons (series), 1896, lithograph, Mucha museum (Prague)

 

Dessin final planche 49 crayon et gouache blanche sur carton 51x39 cm
board 49, crayon and white gouache on carton, 51 x 39 cm

 

Dessin final pour la planche 12 crayon bistre et orange sur papier 46,5 x 37,3 cm
board 12, crayon on paper, 46,5 x 37,3 cm

 

 

Matisse (1869-1954)

Connu comme « fauviste » pour son usage de couleurs vives, Matisse est également un grand dessinateur. Il commence à peindre à la suite d’une crise d’appendicite où il doit rester à l’hôpital. Sa mère elle-même peintre amateur vient lui offrir une boîte de gouache. Par la suite, il étudie aux Beaux-Arts de Paris, il y fréquente l’Atelier de Gustave Moreau de 1895-1898. Il fait aussi la copie des maîtres anciens au Louvre. Le dessin est le fondement de ses peintures. Il dessine au moyen de la plume, de l’encre, du crayon et du fusain. Matisse utilise également un bâton en accrochant au bout un pinceau. A ses élèves Matisse leur conseille « d’éliminer l’accessoire et d’exagérer l’essentiel« . Chaque composition est unique. Matisse donne de l’importance à la l’harmonie de l’ensemble. Ainsi chaque dessin est adapté au format et répond aux autres objets qui l’entoure. A la fin de sa vie il s’intéresse à la technique du collage en peignant des morceaux de papiers à la gouache.

 

Matisse Landscape Collioure 1905 Reed pen black ink on laid paper 30.8x45.7cm Barnes Foundation
Henri Matisse, Landscape Collioure, 1905, Reed pen black ink on laid paper, 30.8 x 45.7 cm, Barnes Foundation

 

Matisse Profile Head with Ruffle 1937 Pen and black ink 38x28cm Baltimore Museum of Art
Profile Head with Ruffle, 1937, Pen and black ink, 38 x 28cm, Baltimore Museum of Art

 

Matisse Resting woman wearing Tiara 1936 pen black ink 31.4x49.8cm Baltimore Museum of Art
Resting woman wearing Tiara, 1936, pen black ink, 31.4 x 49.8 cm, Baltimore Museum of Art

 

 

M. C. Escher – Maurits Cornelis Escher (1898-1972)

Escher étudie à Harleem School  en Architecture et Art décoratif. Il utilise principalement la gravure sur bois, la lithographie et la manière noire. Il s’intéresse à la perception et cela se traduit dans son travail. Il maîtrise parfaitement la perspective et mêle le réalisme au fantastique avec des trompe l’oeil. Son travail inspire les mathématiciens qui utilise son travail pour créer de nouvelles théorie ou comme support de leur travail comme H.S.M. Coxeter ou Roger Penrose. Le mouvement Op’Art lui demandera d’intégrer leur groupe mais Escher refusera toujours d’être associé à tout mouvement artistique. Dans ses estampes Escher s’intéresse tour à tour  aux paysages, à la métamorphose, à la perspective, à l’infini. La prédilection d’Escher pour le contraste noir-blanc est probablement dû à son onde de pensées, son penchant pour la dualité.

 

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Relativity, 1953, lithograph, 27.7 x 29.2 cm

 

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Drawing hands, 1948, lithograph, 28.2 x 33.2 cm

 

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Metamorphosis I, 1937, woodcut, 19.5 x 90.8 cm

 

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Hand with reflecting shpere, 1935, lithograph, 31.8 x 21.3 cm

 

 

Giacometti (1901-1966)

Fils de peintre post-impressionniste. Giacometti est un sculpteur mais aussi un peintre et un dessinateur. Il étudie à l’Ecole des beaux-arts de Genève et s’installe à Paris en 1922. En 1929, suite à des difficultés financières il fait du design d’objets. Pour sa première commission il redécore le bureau du banquier Pierre David-Weil. Il fait également des illustrations pour des poètes comme René Crevel, André Breton ou Tristan Tzara. Comme beaucoup d’autres artistes, Giacometti s’est exercé à la copie des maîtres. Il passe du temps au Louvre à copier les sculptures antiques et les sculptures égyptiennes qu’il affectionnent particulièrement. C’est après ses études à la Grande Chaumière que Giacometti commencera à dessiner d’après imagination. Angoissé et fasciné par la mort ce sujet est très présent dans ses œuvres.

 

Giacometti Untitled 1969 lithograph on arches wove paper 29.9x29.2cm Fine Arts Museums of San Francisco
Untitled, 1969, lithograph on arches wove paper, 29.9 x 29.2 cm, Fine Arts Museums of San Francisco

 

Giacometti 1969 lithograph on Arches wove paper 32.9x19.8cm Fine Arts Museums of San Francisco
1969, lithograph on Arches wove paper, 32.9 x 19.8cm, Fine Arts Museums of San Francisco

 

Giacometti untitled 1969 lithograph On arches wove pper 40.1x31.1cm The Fine Arts Museums of San Francisco
 Untitled, 1969, lithograph on arches wove paper,  40.1 x 31.1 cm, The Fine Arts Museums of San Francisco

 

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