Berthe Morisot Peintre Impressionniste

Berthe Morisot, femme Impressionniste à part entière. Unique femme artiste présente à l’exposition des impressionnistes en 1874. Oubliée pendant une longue période Berthe Morisot a pourtant joué un rôle majeur dans l’impressionnisme tout comme ses pairs Mary Cassat et Eva Gonzalès. Voici un article qui vous permettra de connaître davantage cette artiste.

 

        ENFANCE

Bethe Morisot est née dans un milieu aisé. Elle avait un frère cadet et deux sœurs aînées. Son père était un amateur d’art. Ainsi dès son enfance elle a côtoyé le monde de l’art et apprit le dessin et le piano. Petite anecdote, Berthe Morisot est une descendante de Jean-Honoré Fragonard c’est sans doute la raison pour laquelle sa famille baigne dans l’art.

 

      APPRENTISSAGE

C’est leur mère, Cornélie, qui encouragea Berthe et sa sœur Edma à pratiquer la peinture. Elle engagea d’abord Geoffroy-Alphonse Chocarne qui enseignait la méthode académique. Cet apprentissage ennuyait profondément les deux sœurs. Par la suite, Joseph Guichard, ancien élève d’Ingres reprendra le flambeau. Il insista sur l’importance du dessin. Selon lui le dessin est la force de toute peinture. Il les emmenait au Louvre copier les œuvres de maîtres. Et oui, l’école des Beaux-arts était interdite aux femmes jusqu’en 1897 et le Louvre était la seule école ouverte au genre féminin.

Vers 1860, J.Guichard leur présenta Jean-Baptiste Corot. Ce dernier aura une grande influence sur le style de Berthe. C’est d’ailleurs Corot qui l’initia à la peinture en plein air. Au Louvre, Guichard les présenta à Henri-Fantin-Latour. Plus tard, toujours au Louvre, le professeur leur présenta Edouard Manet.

Le jardin à Bougival
Le Jardin à Bougival, 1884, huile sur toile, 73x92cm

LES DÉBUTS EN TANT QUE PEINTRE

En 1864, les sœurs exposent pour la première fois au Salon des Beaux-arts.  À la suite de cet événement leur père leur fera construire un atelier. De 1864 à 1868, Berthe Morisot fut reçue à chaque exposition du salon des Beaux-Arts.

Edma, coupée du milieu artistique cessa presque de peindre lorsqu’elle épousa un officier de marine. La perte de sa complice affecta Berthe mais elle continua dans sa voie et voulut faire de la peinture son métier. Nous n’avons aucune trace des œuvres de jeunesse de Berthe car elle les a toutes détruites (jusque l’année 1871) pensant que celles-ci ne la représentaient pas assez. Elle n’aimait pas voir l’étouffante influence de Corot ou de Manet dans ses productions. Sa volonté était de faire une œuvre originale, à part entière.

En, 1872 elle expose au salon officiel le tableau Portrait de Mme Pontillon représentant sa sœur Edma. La même année durant l’été elle vend pour la première fois une toile et trois aquarelles au marchand d’art Paul Durand-Ruel. À partir de cette vente elle se rend compte que la peinture peut être un véritable métier.

portrait de Mme Pontillon
Portrait de Mme Pontillon, née Edma Morisot, 1871,  Pastel 80×64,5cm

 

LES MANET ET BERTHE

Berthe Morisot eut une grande influence sur Edouard Manet et inversement. Edouard Manet de mentor deviendra peu à peu son ami. Edouard la considéra d’abord uniquement comme un modèle, rôle habituel des femmes mais peu à peu il la reconnait pour sa qualité d’artiste. Il ira même jusqu’à consulter son avis pour ses propres toiles. Mais se montrant parfois étouffant, Manet retouchera même les toiles de Morisot.

Plusieurs indices nous font penser que Berthe et Edouard ont partagés des sentiments amoureux mais que leur relation restera platonique. Cependant, aucun écrit prouve l’existence d’une relation amoureuse entre les deux peintres.

En 1874, Morisot se maria non pas avec Edouard Manet mais avec son frère, Eugène. C’était un peintre du dimanche, il arrêta de peindre pour se concentrer entièrement à la carrière de sa femme. En 1879, naîtra de leur union Julie Manet qui sera sa fille et sa muse.

1875
Eugène Manet à l’île de Wight, 1875, huile sur toile, 36x46cm

L’IMPRESSIONNISME

1874, B.Morisot, Renoir, Monet, Pissaro et Degas fondent la Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs. Cette société a pour but d’exposer le travail des impressionnistes. Auparavant, le salon officiel de l’Académie des Beaux-Arts était la seule opportunité d’exposer.

Leur première exposition fut qualifiée avec ironie d’impressionniste à Paris. Celle-ci eut lieu dans les anciens ateliers de Nadar (célèbre photographe). Berthe, seule femme dans l’exposition des impressionnistes, y exposa neuf toiles dont sa plus connue Le Berceau.

« Impression, j’en étais sûr. Je me disais aussi, puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l’impression là-dedans… Et quelle liberté, quelle aisance dans la facture ! Le papier peint à l’état embryonnaire est encore plus fait que cette marine-là » critique de Louis Leroy

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Le Berceau, 1872, huile sur toile, 56x46cm, Musée d’Orsay

 

L’ŒUVRE DE « LA BELLE PEINTRE »

Les sujets préférés de la peintre sont le quotidien, l’intime, la nature et les femmes. Pour changer il ne s’agit pas d’une vision « masculine », les femmes ne sont pas considérées uniquement comme objet de désir sexuel.

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Femme à l’éventail, 1875, huile sur toile, 62x52cm

Elle affectionne peindre les femmes dans leurs plus beaux atours. La maternité est également un thème récurrent dans son art. L’artiste hésitait entre la maternité et l’indépendance. Elle réussit à concilier les deux grâce à son union avec Eugène.

Berthe Morisot est surtout une peintre du quotidien et de l’intimité ainsi elle peint son entourage. Ses principales muses sont sa sœur, Edma et sa fille, Julie.

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Julie rêvant, 1894

Morisot est reconnue comme étant une coloriste hors pair. Sa palette est claire et pastelle, très probablement influencée de son amour pour la technique de l’aquarelle. Son pinceau est nerveux, rapide, spontané. Il paraît tantôt léger, tantôt lourd ce qui donne une profondeur et une harmonie à ses toiles. Et surtout la peintre nous raconte l’essentiel, tout est suggéré.

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Le Cerisier, 1891, huile sur toile, 154x80cm, Musée Marmottan

Sur son certificat de décès ainsi que sur son acte de mariage est inscrit « sans profession ». Son statut de femme a été un obstacle dans sa carrière d’artiste, néanmoins ses pairs impressionnistes la considéreront comme une égale.

 

 « La singularité de Berthe Morisot fut de vivre sa peinture et de peindre sa vie. Elle prenait, laissait, reprenait le pinceau, comme nous prend, s’efface et nous revient une pensée. C’est là ce qui confère à ses ouvrages le charme très particulier d’une étroite, presque indissoluble relation entre un idéal d’artiste et l’intimité d’une existence. » P.Valéry

 

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-Jean-Dominique Rey et Sylvie Patry, Berthe Morisot, Flammarion, Paris, 2010

-https://www.rivagedeboheme.fr/pages/arts/peinture-19e-siecle/berthe-morisot.html

-https://www.franceinter.fr/emissions/autant-en-emporte-l-histoire/autant-en-emporte-l-histoire-26-mars-2017

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