Histoire du Street Art

                       « IF GRAFFITI CHANGED ANYTHING IT WOULD BE ILLEGAL » Banksy                         « Je fais des tableaux et la toile, c’est le monde » Jérôme e

Le street Art est partout, qu’on l’adore ou qu’on le déteste on ne peut l’ignorer. Il est considéré par certain comme du vandalisme mais il ne faut pas oublier que celui-ci est ancré dans l’histoire de l’art.

Qu’est-ce que le Street Art ?

Une appellation un peu fourre-tout qui regroupe l’art qui se trouve dans la rue et possède un caractère très éphémère. On y trouve : graffitis, pochoirs , affiches, installations, peintures, bombes aérosol, tricots (yarn bombing), stickers, mosaïques…

 

Contexte

Dans les années 1960 les réseaux ferroviaires se multiplient. L’architecture des villes devient grise et morne. New York est alors dévastée par la répression industrielle et la ville n’a pas de budget. La culture populaire se fait alors entendre. L’Art urbain a émergé avec le mouvement « street » des skaters, le hip-hop, le rap et le mouvement punk.

 

Naissance du Street Art

kilroy

En 1942 pendant la WWII, Kilroy, un ouvrier américain travaillait dans une usine de bombe à Détroit. Il écrit « Kilroy was here » sur les bombes. Les soldats ont rapidement adopté ce slogan et l’écrivait sur les murs « Kilroy was here ». Quelques décennies plus tard, les graffitis font leurs apparitions à Philadelphie grâce à Cornbread et Cool Ear. Cornbreadétait fou amoureux d’une fille mais il n’osait pas le lui dire en face. Alors il taguait où il pouvait : « Cornbread Loves Cynthia ». La presse locale fut attiré par ces inscriptions et lui lança le défi d’écrire dans des endroits aussi improbables qu’inaccessibles.

Cornbread

A New York, les graffitis sont d’abord né sous la forme de signatures suivi par les numéros de rue des « writters » on les nomme « graffiti writings ». On les a nommé par la suite les « blaze ». Par exemple, Taki 183 coursier à New York apposait sa signature un peu partout en ne se limitant pas uniquement à son quartier contrairement aux autres writters. Le phénomène attire l’attention et le magazine Time du 21 juillet 1971 lui accorde un article. Taki 183 est considéré comme un précurseur du tag New-Yorkais.

taki_183_nytimes

 

De Philadelphie à New York

1960 NYC

Les graffitis ne sont donc pas vraiment né à New York mais plutôt à Philadelphie. Les graffitis se propagent jusqu’à NYC vers les années 1960 par l’intermédiaire des trains et métros qui sont de plus en plus nombreux. Les graffeurs New Yorkais remarquent aussi que leur graffitis ont plus de visibilité sur les métros. La concurrence devient féroce entre les différents « crew » (équipe de graffeurs) et c’està celui qui taguera le plus sa signature. Les graffeurs ne prétendaient pas être artiste mais possédait déjà la volonté de se démarquer parmi ces innombrable signatures. C’est ainsi que les signatures deviennent de plus en plus stylisées dont Phase 2 et Futura sont les précurseurs.

PHASE-2-Train-tagging-in-the-80s-Image-copyrights-©-LECTRICS

L’arrivée en Europe

Mai 68 a énormément marqué le paysage de Paris et de la France. Les jeunes plaquaient des affiches sur les murs, des tag afin de s’exprimer et relier à leur cause d’autres militants. Ce sont des pratiques que l’on trouve dans tous les mouvements qui veulent faire de la propagande (on peut penser à l’Allemagne nazi, l’Italie fasciste…). Mais le véritable déclic fut les vacances d’été entre 1983 et 1985. Les étudiants voyagent à New York et rapporte avec eux des bribes de la culture américaine dont le graffiti qui était en plein essor là-bas. Le Graffeur parisien Bando contribua fortement a tisser un lien entre les graffeurs new-yorkais et parisien.

bando

 

C’est dans les années 1980 que l’art de rue explose en France (notamment à Paris) avec Blek le rat qui s’inspire du personnage de bande dessiné Blek le Rock et Jérôme Mesnager.

JeMe-32      blek le rat

Illégalité

Aspect primordial de l’art de rue. L’illégalité rend le geste excitant et symbolique mais il est aussi l’argument des détracteurs du street art.

En 1980 à New York le maire interdit les graffitis dans la ville. Toujours en 1980 Haral Neageli est condamné à neuf mois de prison par le tribunal de Zurich à cause de son travail poétiques dans l’espace public.

En 2014, la RATP fait un procès contre M.Chat. Celui-ci a tagué ses têtes de chat sur les murs d’une station de métro en travaux. La RATP refera un procès contre M.Chat pour avoir tagué sur un panneau de la gare du Nord.

En 2006, Barcelone interdit le street art mais malgré le risque d’une amende qui peut atteindre 3000 euros certains continuent toujours à créer.

La frontière est flou entre la liberté d’expression et la dégradation des biens publics. Pour palier à cette frontière certaines villes préfèrent tout simplement interdire la pratique.

L’institutionnalisation

Cover of catalog for United Graffiti Artist Hugo Martinez et Peter Schjedahl 1975En 1972, la première exposition de Street Art a lieu dans une galerie grâce au critique d’art Hugo Martinez. Celui-ci fonde United Graffiti Artists. C’est un collectif de graffeurs qui créent des expo pour être reconnu et vendre. On y trouve Phase 2 ou Stay High 149.

Le « M.U.R » (modulable,urbain, réactif) représente une pionnière dans l’association des street artist. C’est une association qui regroupent des artistes de rues et participent à faire connaître leur travaux au public.

L’art urbain s’accapare de plus en plus les galeries ou inversement. Il y a même des commandes qui se font auprès des artistes de rues. Par exemple, en 2016 la Marie de Reims a commandé un travail de C215 afin de l’exposer.

 

Des origines beaucoup plus lointaines

white washing lascaux

Cet art ou pratique n’est pas tombé du ciel au contraire elle s’inscrit dans la continuité de l’histoire de l’art. Nous pouvons remonter jusqu’à la Préhistoire où l’on dessinait sur les murs. Les dessins étaient gravés avec une pierre ou un os. On peut même voir les parois des grottes des formes de main en négatif qui font écho à la technique du pochoir.

Plus tard à Pompéi, écrire sur les murs des édifices publics, des maisons était une activité récurrente. Sur ces murs on écrivaient des déclarations d’amour (ça ne vous rappelle pas quelque chose), des critiques d’homme politique, des messages de toutes sorte, son nom. Par exemple, « Je suis émerveillé, ô mur ! que tu ne sois pas encore tombé en ruines sous le poids de toutes les niaiseries dont on t’a recouvert. »

pompei

Aujourd’hui les mairies font appel aux artistes urbain pour décorer les murs de leur ville. Ces commandes rappellent les commandes de fresques de l’antiquité, de la Renaissance ou le courant muraliste au Mexique.

 

L’art urbain fait partit de notre histoire. C’est un art qui a eu énormément d’impact et qui prend de plus en plus d’ampleur de la fin du XXe jusqu’à nos jours.  Né dans les rues, il entre de plus en plus dans les musées et les galeries ce qui bouscule la définition même (déjà assez vague) du Street Art.

 

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-http://www.telerama.fr/sortir/aux-origines-du-street-art-1-le-graffiti-new-yorkais-1942-1983,134951.php
-https://www.kazoart.com/blog/aux-origines-du-street-art/
-http://street-art-story.com/origines-street-art/
-https://www.slave2point0.com/2017/02/09/ou-est-n%C3%A9-le-street-art/
-Jerome Catz, le street art le guide, flammarion, 2015, Paris, p.224
-https://www.youtube.com/watch?v=_AW7Sv41b6A
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